{"id":11135,"date":"2020-07-28T08:04:37","date_gmt":"2020-07-28T07:04:37","guid":{"rendered":"https:\/\/9A4E7EFC-B14F-4F1A-B298-1A45EBC6D7A5"},"modified":"2021-11-05T09:18:20","modified_gmt":"2021-11-05T08:18:20","slug":"retour-des-indes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/home\/cos-chronicle\/retour-des-indes\/","title":{"rendered":"Retour des Indes"},"content":{"rendered":"<section class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_custom_heading text=\u00a0\u00bbL&rsquo;appel du large\u00a0\u00bb font_container=\u00a0\u00bbtag:h3|text_align:left\u00a0\u00bb use_theme_fonts=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb][vc_separator][vc_column_text]Les archives de Cos d\u2019Estournel r\u00e9v\u00e8lent la trace de cette bien \u00e9trange appellation donn\u00e9e \u00e0 certains vins : \u00ab Retour des Indes \u00bb. D\u00e8s 1838, au moins, Louis-Gaspard d\u2019Estournel exp\u00e9diait ses bouteilles par navire vers les Indes, avant de les faire revenir : ce double trajet avait pour effet d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le vieillissement du vin et de le bonifier.<\/p>\n<p>Est-ce par hasard que celui qui fut surnomm\u00e9 \u00ab Le Maharadjah de Saint-Est\u00e8phe \u00bb d\u00e9couvrit les b\u00e9n\u00e9fices de ce voyage sur ses vins ? Sans doute : passionn\u00e9 d\u2019Inde, Louis-Gaspard d\u2019Estournel avait pris l\u2019habitude d\u2019y exp\u00e9dier ses vins. Revenant d\u2019un voyage avec quelques bouteilles invendues, il constata \u00e0 son retour que ces vins qui avaient parcouru plusieurs milliers de kilom\u00e8tres dans des conditions bien particuli\u00e8res \u00e9taient plus complexes et plus \u00e9panouis.[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb1395&Prime; img_size=\u00a0\u00bb1620&#215;1080&Prime;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb1800&Prime; img_size=\u00a0\u00bb1620&#215;1080&Prime;][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text]En 1843, le Congr\u00e8s des Vignerons Fran\u00e7ais mentionne l\u2019\u00e9tat des bouteilles de Cos d\u2019Estournel qui reviennent d\u2019Inde, en insistant sur la <em>\u00ab sup\u00e9riorit\u00e9 acquise tant en finesse qu\u2019en d\u00e9veloppement de s\u00e8ve, pour les vins de Cos d\u2019Estournel revenus de l\u2019Inde, dans des bouteilles bouch\u00e9es en verre \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>En 1867, le sp\u00e9cialiste de la vigne et du vin Raimond Boireau relate une exp\u00e9rience scientifique \u00e0 laquelle participent des bouteilles de Cos d\u2019Estournel 1848. Dans son ouvrage <em>Traitement pratique des vins, spiritueux, liqueurs d\u2019exportations par les m\u00e9thodes bordelaises<\/em>, il explique le ph\u00e9nom\u00e8ne du vieillissement par l\u2019agitation continue. <em>\u00ab Nous avons compar\u00e9 des vins de Cos-Destournel 1848 [\u2026] tir\u00e9s en bouteilles et exp\u00e9di\u00e9s en 1851, comme provision, \u00e0 bord d\u2019un navire faisant le voyage de Calcutta, avec les m\u00eames vins conserv\u00e9s en caveau. \u00c0 leur arriv\u00e9e, en 1852, les bouteilles qui avaient fait le voyage et qui avaient les d\u00e9p\u00f4ts consid\u00e9rables [\u2026] furent remises en caveau.<\/em><br \/>\n<em>Un mois apr\u00e8s, on les d\u00e9gusta comparativement avec les vins rest\u00e9s en France, mais sans les d\u00e9canter. Les diff\u00e9rences dans la couleur, l\u2019ar\u00f4me et la saveur, \u00e9taient grandes : les vins de retour avaient acquis une couleur tuil\u00e9e, leur bouquet \u00e9tait beaucoup plus d\u00e9velopp\u00e9, et ils avaient beaucoup plus d\u2019ar\u00f4me ; ceux qui \u00e9taient rest\u00e9s en caveau avaient conserv\u00e9 leur couleur rouge vif ; ils avaient plus de fruit, de moelleux et d\u2019onctuosit\u00e9, et paraissaient, par cons\u00e9quent, beaucoup moins vineux que les premiers. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Louis-Gaspard d\u2019Estournel ne s\u2019y trompa pas : cet heureux et singulier r\u00e9sultat rencontra un succ\u00e8s \u00e9clatant, entrant <em>\u00ab en grande faveur chez les gourmets et les plus fins connaisseurs \u00bb<\/em>, comme l\u2019atteste le Dr. Aussel dans <em>La Gironde \u00e0 vol d\u2019oiseau<\/em>\u2026 Cet engouement fut tel qu\u2019il fut aussit\u00f4t imit\u00e9 par quelques voisins attentifs \u00e0 l\u2019audace du \u00ab Maharadjah de Saint-Est\u00e8phe \u00bb.[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text]D\u2019autres recherches men\u00e9es depuis indiquent que la dur\u00e9e, le passage des Tropiques, de l\u2019\u00c9quateur, les changements de temp\u00e9rature, les remous de la mer, ou encore l\u2019oxydation cr\u00e9\u00e9e par l\u2019amplitude thermique et l\u2019eau sal\u00e9e cr\u00e9ent des vins g\u00e9n\u00e9reux et \u00e9tonnants. Un constat men\u00e9 d\u00e9j\u00e0 au XIIe si\u00e8cle, alors que se d\u00e9veloppe la vente et l\u2019exp\u00e9dition de vins depuis la France vers l\u2019Angleterre : il se raconte que le vin parti par bateau de Gironde \u00e9tait bien meilleur une fois arriv\u00e9 \u00e0 Londres.<br \/>\nLes plus r\u00e9centes exp\u00e9riences confirment que l\u2019\u00e9volution du vin est amplifi\u00e9e gr\u00e2ce aux remous naturels et r\u00e9guliers de l\u2019eau : le mouvement du vin dans la bouteille ou, plus anciennement, en barrique, entrepos\u00e9 dans les cales des navires, d\u00e9velopperait des saveurs uniques.<\/p>\n<p>L\u2019eau, un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9cid\u00e9ment b\u00e9n\u00e9fique pour la qualit\u00e9 des vins, au-del\u00e0 m\u00eame de la mise en bouteilles\u2026[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb6835&Prime; img_size=\u00a0\u00bb1620&#215;1080&Prime;][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/section>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez l\u2019histoire de cette singuli\u00e8re cuv\u00e9e initi\u00e9e par Louis-Gaspard d\u2019Estournel, nomm\u00e9 \u00e0 juste titre \u00ab Maharadjah de Saint-Est\u00e8phe \u00bb\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":1749,"featured_media":1302,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[88,18],"tags":[],"class_list":["post-11135","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-journal-de-bord","category-articles"],"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1749"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11135"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11135\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14714,"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11135\/revisions\/14714"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1302"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.estournel.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}